Histoire du riz pluvial à La Réunion

L’histoire de La Réunion s’est aussi écrite à travers des champs de riz. En témoigne Guillaume LA HOUSSAYE, Capitaine de navire, en 1689 :

« Tous les habitants du quartier de St-Paul sont habitués du grand étang. Ils retirent toutes sortent de légumes comme blé, RIZ, mil, fayots, patates, choux, oignons de plusieurs sortes, salades et tout ce qu’on veut bien y planter« .

Quelques décennies plus tard, en 1828 exactement, se trouvait sur le flanc de St-Paul 1200 hectares de riz cultivé. De par cette grande surface et du travail qui en découle, il est fort probable que beaucoup de réunionnais d’aujourd’hui, possèdent des aïeux qui ont travaillé dans ces champs de riz. Petit à petit, la canne à sucre s’installa et devint pour la principale culture de l’île.

Cependant, à partir des années 1970, un regroupement d’agriculteurs ont voulu relancer la production rizicole. C’est ainsi que la structure CETARIZ est née en 1984. Elle regroupait une cinquantaine de producteurs dont Mr BALAYA de St-Pierre qui était connu comme le semencier de riz de l’île. Comme le témoigne le reportage ci-dessous :

Via la structure CETARIZ, la culture rizicole réunionnaise a fait un grand pas en avant. De grandes parcelles ont été plantés un peu partout sur l’île. Des machines à riz ont été importées pour le décorticage et blanchissage des récoltes. L’ensemble de ces transformations se faisaient alors chez Mr Balaya à St-Pierre. De cette époque, le dernier planteur de riz recensé sur l’île se trouve à l’Éperon : en 1986, 1 hectare fût planté pour une récolte entièrement écoulée chez la petite boutique/commerçant du coin. De ce fait, les réunionnais et réunionnaises venus achetés leur riz chez le commerçant, mangeaient du riz réunionnais sans le savoir !

Malheureusement, le cyclone Firinga en 1989, les attaques effrénées des oiseaux sur les cultures et du riz importé à 0,50 centimes de francs/kilo mettront fin à cette belle aventure rizicole.

Fin des années 2000, un autre groupement d’agriculteurs et de personnes passionnées ont de nouveau tentés la relance de la production. Encore une fois, les oiseaux granivores (Bélier et Cardinal entres autres) ont eu raison de leurs motivations.

Sur le long des années et un peu partout sur l’île, certains producteurs continuent à produire du riz pour leur consommation personnelle. C’est le cas de Mr Daniel Bègue à Ste-Anne

Nous sommes donc aujourd’hui dans la continuité de toutes ces actions. L’ensemble des tentatives menées durant ces précédentes années, nous apportent des informations essentielles pour continuer ce travail. Nous ne regardons pas les choses sur l’instantanée mais sur le fil de l’histoire : une véritable lecture sur une frise chronologique qui s’écrit encore aujourd’hui. Avançons, grain de riz après grain de riz.